Rapport parlementaire sur l’emploi médical temporaire à l’hôpital

Je remets ce matin au parlement un rapport rédigé ces derniers mois, après de nombreuses auditions et enquêtes de terrain, qui fait le constat d’un hôpital public certes très attractif mais en pénurie chronique pour certaines spécialités, et qui a recours massivement à de l’emploi temporaire très couteux et peu structurant pour maintenir ouvert des pans entiers d’activité. Le rapport est en accès libre ci-dessous.

4 thoughts on “Rapport parlementaire sur l’emploi médical temporaire à l’hôpital

  1. Bonjour Monsieur le Député,

    Je me permets de vous contacter car nous travaillons quotidiennement avec des journalistes qui aimeraient reprendre votre rapport pour enrichir certains de leurs articles sur le sujet (en l’intégrant dans notre player similaire à Calameo).

    Serait-il possible d’en disposer?

    En vous remerciant,

  2. Bonsoir
    Je viens de lire votre rapport sur l’interim médical. J’avoue avoir été plutôt agréalablement surpris par son contenu, les commentaires des médias étaient tellement outranciers …
    Je suis un mercenaire professionnel comme ils disent.
    Ce mode d’exercice m’a sauvé du burn-out et m’a redonné goût à ma profession.
    Le statut de PH est commun à des spécialités si différentes en charge de travail, il abrite des individus n’ayant pas le même investissement professionnel et surtout le même sens du service public.
    Dommage que dans la liste des personnes rencontrées ne figurent pas d’intérimaires, cela vous aurez permis un autre éclairage.
    Ce mode d’exercice est difficile pour moi et mes proches. Je pars au travail le dimanche soir et non le lundi matin.
    Je vois mal un directeur passer une seule nuit dans certaines chambres mises à notre disposition. Logé et nourri, des avantages ou des contraintes …
    Mon salaire. Entre 600 et 650 euros pour 10h de travail.
    UN PH comme vous et moi (avant) a 104 repos hebdomadaire plus 20 RTT 10 jours fériés et 10 jours de formation
    il convient donc divisé le salaire mensuel d’un Ph par 16 jours de présence mensuel pour avoir le prix à la journée. si on ajjoutte les gardes, les plages additionnelles, les formations payées et si on enlève les cotisations retraites déplafonnées et la prévoyance qui sont à charge de l’intérimaire, la différence doit être minime.
    Je croise beaucoup de PH titulaire qui font de l’interim et je ne vois que le complément de salaire comme motif, je croise également des retraités et des jeunes médecins en recherche d’un poste.
    Les intérimaires exclusifs sont par contre des démissionnaires du système hospitalier. Se débarrasser de la gestion quotidienne des confrères, des cadres et du personnel paramédical, de tous les géneurs transversaux qui ont été mis en place et qui exercent leur pouvoir de nuissance. Enfin retrouver l’exercice exclusif de sa spécialité au service du patient
    Vous avez rencontrés des directeurs d’établissements dans les lequels j’effectue des missions. Vous avez de la chance, moi ils m’ignorent. Je vois plus d’établissements en un an qu’ils n’ont verront dans toute leurs carrières et mon expertise ne les intérressent pas. Ils font appel aux boites d’interim pour se débarrasser du problème. Il m’arrive assez souvent d’intervenir dans un établissement par l’intermédiaire d’une boite alors que je leur avais proposé mes services par courrier.
    Que dire de leur politique de recrutement médical? Un praticien inexpérimenté et maladroit coûte bien plus cher qu’un intérimaire chevronné.

    J’espère vous avoir apporté un autre éclairage. Je n’ai pas trouvé de solution pour moi alors je ne prétends pas en proposer pour l’hopital public.
    Respectueusement

  3. Bonjour

    Je suis PH temps plein dans un petit CH, dans le service X, le seul praticien.
    En dehors de la question financière-qui me fait mal- j’aimerais soulevé ici un autre problème : celle de l’étique, de la déontologie.

    Depuis 5 ans l’hôpital où je suis cherche un 2 eme PH mais ne trouve pas.
    Pour cette raison on fait appel à des intérimaires. Chaque semaine un autre : imaginez le défilé des remplaçants dans le service !!!! J’ai eu besoin de beaucoup d’audace et sagesse pour tenir. Jusqu’au jour où rien m’ai resté. Et voilà que maintenait c’est mon tour de quitter l’hôpital public pour aller dans le privé.
    On a essayé de fidéliser les remplaçants. Cela n’a pas marché. Car le premier mois ils viennent 2 semaines et ils sont « sages ». Mais après, plus le temps passe ils travaillent moins et ils demandent plus, ils devient très arrogants et revendicatives.

    Vu le grand nombre des remplaçants avec lesquelles j’ai travaillé, je pense que j’en ai une expérience qui me permet de dire qu’entre 100 remplaçants il y a :
    • 20% qui travaillent assidûment et très bien et beaucoup ; qui savent qu’ils sont de passage et qui respectent les règles du service et le collègue qui est en poste. D’habitude il s’agit des PH âgés qui ont quittés l’hôpital à cause des charges administratives. Pour ceux-ci j’ai une grande reconnaissance car avec eux j’ai pu développer l’activité de service. A la fin de leur mission j’ai toujours donné un avis affirmatif pour qu’ils reviennent.
    • 80% qui ont du mal à tenir la journée (9H-17H). Le matin quand ils regardent le programme de la vacation ils sont vite angoisses car il pensait que « comme c’est une petite structure il y aura un petit programme, et ce n’est pas normal de travailler assez, pas dans le public. » Ils manquent de respect envers leurs correspondants- médecins de l’hôpital ou de l’extérieur-, envers moi. Ils me dissent de demander à la direction de leur augmenter le prix de la journée, »car il y a des hôpitaux qui payés 800 euro et non pas 650 euros ». Ils font de copinage avec les manipulateurs et détruisent l’ambiance du service. Ils refusent systématiquement les urgences. Ils passent aux Urgences et ils demandent à ne pas être déranges pendant la garde18H- 8 H. Ils commencent tard et finissent tôt-car ils doivent visiter la région : « ‘c’est la première fois que je viens ici ».
    Se disputer chaque semaine avec le nouveau remplaçant, ça vous détruit la santé. Je comprends qu’ils sont de passage mais ils devraient être reconnaissants envers les structures que les embouches temporairement : qu’ils s’intéressent non seulement à l’épaisseur de l’enveloppe à la fin de leurs missions, mais également à la activité du service. Aussi fou cela peut paraître c’est pourtant très important pour eux. Car si il n’y a pas d’activité, il n’aura plus de petit hôpital où on pourra venir en remplacement.
    Travailler dans des conditions pareilles, chaque semaine avec un nouveau « coach », c’est la voie sure vers l’épuisement. A l’heure à laquelle je vous écrit l’hôpital paye des remplaçants, 2 et l’activité externe est en baisse.

    En conclusion :
    Les remplaçants devraient s’impliquer plus, même s’ils sont de passage. Se rappeler également, qu’on doit de respect à celui qui reste, qui assure la continuité de service. C’est peut être garce à lui qu’ils peuvent revenir.
    Le ministère devrait revoir à la hausse les salaires des PH, encourager ainsi le travail.

    Respectueusement

  4. Pingback: Les médecins intérimaires dans le collimateur | Le blog de la santé

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