Assemblée ancien ?

Accessibilité aux soins, partout, pour tous !

1 Mai , 2012  

Ces 5 dernières années, le thème de l’accessibilité aux soins a pris une place remarquée dans le débat public. C’est désormais un sujet de préoccupation pour l’immense majorité des Français.

Lorsque l’on parle d’accessibilité aux soins, il est question de l’accessibilité géographique, de la disponibilité des soins, mais aussi des capacités financières individuelles et d’un environnement adapté.

Les déserts médicaux constituent en eux même un enjeu de taille.

Le contexte, défavorable, tient au fait que la démographie médicale va diminuer tandis que la demande va continuer d’augmenter. Les disparités territoriales de l’offre de soins, jusqu’ici relativement contenues, vont se creuser jusqu’à mettre en péril l’égal accès aux soins auquel prétendent légitimement les usagers. D’autant que tous les paramètres vont passer au rouge, au risque d’entrainer une véritable crise sanitaire insidieuse, dont les composantes sont :

–          Une réduction globale de l’offre en raison de l’impact d’un numerus clausus trop longtemps resserré en première année de médecine, du vieillissement des médecins en activité, et d’une installation plus tardive des jeunes.

–          Une augmentation de la demande du fait du vieillissement de la population, de l’augmentation des pathologies chroniques, de la diminution des durées de séjours hospitaliers, de la complexification des parcours de soins.

–          Une évolution sociétale vers encore plus d’urbanisation, qui pose la question de l’aménagement du territoire.

–          Une montée de l’insécurité dans des grandes zones périurbaines.

–          Une raréfaction des médecins choisissant d’exercer la médecine générale. Le désamour des jeunes médecins pour l’exercice d’une médecine de famille à l’ancienne est expliqué de la façon suivante : filière de médecine générale mal structurée, notamment sur le plan universitaire ; inexpérience des étudiants de l’exercice de la médecine générale et plus globalement de la médecine libérale; charge de travail incompatible avec les aspirations de la nouvelle génération à concilier vie professionnelle et épanouissement social et familial.

–          Une aggravation des inégalités de répartition des médecins sur le territoire. La désaffection pour les territoires ruraux obéit à des déterminants complexes : climat, capacités de scolarisation des enfants, possibilités de carrière du conjoint etc.

 Ainsi, en dépit d’une disparité ancienne, presque structurelle, de la répartition des médecins généralistes sur le territoire, la masse de professionnels, combinée à l’effort consentit dans la pratique de la médecine de famille, devrait permettre d’assurer un niveau de soins globalement correct. La réduction en valeur absolue de l’offre de soins primaires (hausse de la demande, raréfaction des médecins généralistes) met en danger ce fragile équilibre. L’urbanisation culturelle, la disparition des services dans les milieux ruraux et la désaffection des jeunes médecins pour une pratique « à l’ancienne » créent le déséquilibre.

Une fois le constat établit, il reste à envisager les solutions à apporter au problème. Elles passent par une réforme globale de l’enseignement de la médecine générale, moins hospitalo-centrée,

la constitution, comme le demande le Président de la République, de pôle de 1er recours en santé, une articulation des soins primaires d’urgence entre hôpital et secteur libéral, une augmentation du numérus clausus, une meilleure organisation du maillage territorial, une évolution des modes de rémunération vers une plus grande part forfaitaire, une meilleure coopération entre médecins et professionnels paramédicaux, un programme ambitieux d’éducation à la santé.

Je suis engagé sur cette thématique de l’accessibilité aux soins depuis plusieurs années, j’y consacre un travail qui sera publié courant 2012. Il est temps que les choses bougent !

Documents

En 2008, je témoignais auprès de la revue du conseil général de l’Isère.En 2008, je cosignais une tribune avec Christian Saout, président de AIDES et du Collectif Interassociatif Sur la Santé (Ciss).A partir de 2008, j’ai participé aux Etats Généraux de l’Organisation de la Santé.J’ai été auditionné par la mission parlementaire portant sur l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.

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