Assemblée ancien ?, Un peu de politique

Accompagnement des personnes âgées :vers une reconnaissance des aidants

14 Fév , 2014  

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a présenté ce mercredi les grandes orientations du projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement, l’un des grands chantiers de l’année 2014. Près de 15 millions de personnes sont âgées d’au moins 60 ans, une population qui représentera un tiers des Français d’ici 2030. Il s’agit donc, dès à présent, d’anticiper  cette évolution démographique pour solidifier les relations intergénérationnelles et permettre aux aînés de disposer d’un accompagnement adapté à leur niveau d’autonomie.

Aux côtés de la revalorisation des plafonds de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et d’un plan national d’adaptation de l’habitat des seniors, l’une des mesures emblématiques de ce projet de loi concerne le statut des aidants familiaux.

Aujourd’hui, près de 4,3 millions de personnes aident régulièrement un ou plusieurs de leurs proches en perte d’autonomie. Un accompagnement souvent quotidien essentiel pour le maintien à domicile des plus de 60 ans, mais qui n’est pas sans conséquence: on estime en effet qu’environ 20% des aidants souffrent de fatigue morale ou physique et, pour ceux dont la tâche est la plus lourde, d’un état dépressif. De plus, il est extrêmement difficile de concilier ce rôle d’aidant avec une activité professionnelle, ce qui est le cas pour 40% d’entre-eux.

Le gouvernement prend donc acte de ces difficultés et, par ce projet de loi, apporte une vraie reconnaissance du rôle de ces aidants.

La reconnaissance d’un droit au répit

L’évaluation des demandes d’APA sera l’occasion d’identifier  les difficultés des aidants, de repérer certains signes de fatigue ou de surmenage éventuels et, en conséquence, de proposer des pistes d’accompagnement. Ainsi, la loi créera un droit au répit, pour permettre aux aidants de «faire une pause» tout en garantissant la continuité du suivi de la personne aidée. Une enveloppe d’un montant maximum de 500 euros annuels permettra par exemple de financer un séjour en hébergement temporaire ou de bénéficier de journées de repos réparties dans l’année. Ce droit au répit est par ailleurs complété par l’expérimentation de relais professionnels à domicile (ou “baluchonnage”).

Bien qu’il  ne s’agisse pas d’une activité professionnelle, le rôle d’aidant requiert un certain degré de formation. C’est pourquoi, outre le développement de lieux de soutiens, le texte confie à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) des fonctions d’appui méthodologique sur l’accompagnement des aidants, et bénéficie à ce titre d’un renforcement de ses moyens à hauteur de 5 millions d’euros.

Enfin, le Gouvernement a pour objectif de mieux concilier activité d’aidant et vie professionnelle et supportera l’idée d’une réforme du congé de soutien familial en ce sens lors des négociations entre partenaires sociaux.  Les entreprises et administrations seront encouragées à prendre en compte la situation des aidants familiaux, les plus vertueuses matière d’aménagement du temps de travail feront l’objet d’une valorisation.

Le projet de loi d’orientation et de programmation pour l’adaptation de la société au vieillissement sera présenté au conseil des Ministres en Avril 2014, pour une entrée en vigueur l’année suivante. La nécessité de préparer la «révolution de l’âge», et surtout la prise en compte des attentes tant des personnes âgées que de leurs accompagnateurs, me conduisent à accueillir avec enthousiasme les annonces faites par le Gouvernement cette semaine.

 

 

 

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