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Agnès Buzyn défend ses réformes pour le Printemps de l’évaluation – Le Quotidien du Médecin

21 Juin , 2019  

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a défendu ses réformes dans le cadre du « Printemps de l’évaluation », à l’initiative du Dr Olivier Véran, député LREM de l’Isère et rapporteur général de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.

Alors que le déficit de la Sécurité sociale, revenu l’an dernier à 1,2 milliard d’euros, son plus bas niveau en deux décennies, doit se creuser de nouveau à au moins 1,7 milliard en 2019, obérant la trajectoire de retour à l’équilibre l’an prochain, la ministre a affiché son volontarisme. « Dans la loi de finances de la Sécurité sociale à venir, la trajectoire financière prendra en compte les dépenses nouvelles ou les économies projetées. Je souhaite que l’on revienne à l’équilibre le plus vite possible, si possible en 2021. »

L’addition pourrait toutefois se corser jusqu’à 4,4 milliards, si l’État ne compense pas les coûteuses concessions aux Gilets jaunes (CSG réduite pour certains retraités, exonération des heures supplémentaires) votées fin 2018, selon le dernier rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale.

 

Désorganisation

Plusieurs députés ont questionné la ministre sur la crise durable des urgences. « Le plan Ma santé 2022 est la conséquence immédiate du constat que j’ai fait en arrivant : les urgences souffrent de la désorganisation de la médecine de ville et de la pression mise sur l’hôpital public, à cause de tarifs en baisse », s’est défendue Agnès Buzyn.

La ministre a rappelé ses premières annonces – prime individuelle de risque (100 euros net) pour le personnel paramédical aux urgences, prime de coopération pour les paramédicaux « délégués » dans le cadre de protocoles et enveloppe d’urgence de 15 millions d’euros pour le recrutement dans les établissements en tension durant la période estivale. En revanche, elle s’est montrée ferme au sujet des demandes d’un moratoire complet sur les fermetures de lits cet été. « Il faut faire attention avec ce genre de demandes, je ne vais pas demander aux personnels des urgences de partir en vacances en novembre quand tout le monde travaille [pour que plus de lits restent ouverts l’été] », a expliqué Agnès Buzyn.

 

L’article 51 mal compris ? 

La députée Stéphanie Rist (LREM, Loiret) s’est inquiétée de la lenteur de mise en place des projets au titre de l’article 51 de la loi Sécu 2018 (qui permet d’expérimenter des organisations innovantes avec des financements dérogatoires). « Je vous rejoins sur ce point. Il y a eu à la fois un engouement – d’où les 500 dossiers déposés – et à la fois une mauvaise interprétation de ce qu’est une expérimentation », a expliqué la ministre. Selon le ministère, nombre de projets ont été déposés « sans réfléchir de façon concrète et robuste aux modalités d’évaluation ».

Actuellement, seule une poignée d’expérimentations d’innovation sont autorisées et lancées. Quatre projets régionaux et deux nationaux devraient être validés dans les prochains jours (une centaine de projets sont accompagnés par les ARS). « Nous allons accélérer la sortie des projets, il y a eu un problème de calage et je vais suivre de très près cette montée en puissance », a promis Agnès Buzyn.

 

Non aux plateformes privées de télémédecine

Quant à la montée en charge modeste de la télémédecine, pourtant entrée dans le droit commun du remboursement, Agnès Buzyn avoue s’en être également inquiétée. « Les équipes sur le terrain m’ont expliqué que cela nécessitait l’achat de matériel, de se former mais aussi de dégager des plages horaires dédiées. Ce n’est pas simple et immédiat », a-t-elle temporisé. Face à ceux qui réclament un déverrouillage de la télémédecine, la ministre assume le fait d’écarter du remboursement les consultations à distance hors parcours des plateformes et prestataires privés « à l’heure où on prône sans cesse le parcours de soins coordonné ».

 

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