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Bébés nés sans bras : «Médecins, signalez toutes les malformations» – Le Figaro

21 Jan , 2019  

Pour le député et médecin Olivier Véran, il faut poursuivre les enquêtes pour tenter de trouver les causes de ces malformations, alors que plusieurs nouveaux cas viennent d’être identifiés.

Selon Olivier Véran, neurologue et député (LREM) de l’Isère, on n’est encore qu’aux débuts de la santé environnementale. Il appelle les professionnels de santé à remonter tous les faits qui leur paraissent anormaux, alors que nous révélons de nouveaux cas de bébés nés sans bras.

Comment réagissez-vous à l’annonce d’un quatrième foyer de bébés sans bras dans les Bouches-du-Rhône ?

OLIVIER VERAN. Je reste prudent, il faut d’abord enquêter, vérifier et tenter de trouver, s’il est avéré que dans cette zone il y a bien un taux plus élevé de malformations qu’au niveau national, des facteurs communs avec les autres foyers de l’Ain, du Morbihan, de la Loire-Atlantique. Les familles concernées ont besoin d’avoir des réponses. Elles vivent un drame humain.

La proximité avec l’Etang de Berre peut-elle expliquer cette concentration de cas ?

Actuellement, on ne le sait pas. Il faut se poser la question, voir s’il y a réellement un lien avec l’environnement. Mais la cause peut être ailleurs. Rester ouvert d’esprit permet d’envisager toutes les pistes. Une chose est sûre, lorsqu’une malformation concerne un seul bras, on exclut la cause génétique et on se tourne vers une cause extérieure. Il faut donc chercher ailleurs, analyser l’eau de l’étang, l’air, interroger les habitudes de vie des parents. Aujourd’hui, on est aux balbutiements de ce qu’on appelle la santé environnementale. On sait seulement depuis quelques années que la pollution est la cause directe de milliers de morts dans notre pays. Mais on ne connaît toujours pas l’impact de l’environnement dans le développement de certaines maladies comme Alzheimer. Il faut aller plus loin.

Comment améliorer la surveillance ?

Justement, ce mercredi, je vais présider une journée de colloque sur la sécurité sanitaire au ministère de la Santé. On va lancer un appel à tous les professionnels de santé, insister sur la nécessité absolue de faire remonter des données de terrain aux autorités. Si les praticiens, les généralistes, les Samu remarquent des faits anormaux ou des effets indésirables de médicaments, ils doivent en parler. Je leur dis : professionnels, signalez toutes les malformations. Cela doit être un réflexe. C’est mon message : on a besoin d’avoir un maximum d’informations pour être capables d’assurer une surveillance de qualité. Cette remontée de données peut venir des particuliers. Les citoyens peuvent désormais déclarer en ligne des situations qui leur paraissent anormales. Certains parents d’enfants mal formés l’ont fait. Le chemin reste long. Il n’y a pas encore de registre national des malformations ni de registre européen. C’est en train d’être mis en place. Mais on manque encore de données.

Les causes de ces malformations n’ont pas été trouvées. Aura-t-on un jour une réponse ?

Sur ce sujet, une nouvelle enquête a été demandée par Agnès Buzyn, ministre de la Santé. Il s’agira aussi de faire la lumière sur les chaînes de dysfonctionnement dans cette affaire. Les résultats sont attendus au début de l’été.

Lire l’article sur www.leparisien.fr

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