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Interview dans le Dauphiné Libéré – le 17/10/2017

17 Oct , 2017  

Le budget de la sécu prévoit un changement de modèle dans le financement de la protection sociale. La Contribution sociale généralisée (CSG) sera augmentée de 1,7 point pour compenser la suppression des cotisation chômage et maladie des salariés. Le PLFSS programme également des économies sur l’Assurance maladie, des mesures pour modifier l’organisation des soins, une hausse des prix du tabac et l’élargissement de l’obligation vaccinale. Le rapporteur à l’Assemblée, Olivier Véran (Isère, LREM) s’explique.

Allez-vous déposer un amendement pour taxer davantage les boissons sucrées ?

Cette décision n’est pas encore arbitrée. Depuis 2012, il existe une taxe sur les boissons sucrées. Mon idée serait de supprimer le dispositif actuel pour le remplacer par une taxe modulée en fonction du taux de sucre contenu dans les sodas. L’objectif serait d’inciter les industriels à réduire le sucre dans ces boissons et de financer des actions de santé publique. Mais il n’est pas sûr que nous déposions une mesure en ce sens dans le budget de cette année. Ce sera tranché la semaine prochaine.

Quelles modifications les députés vont apporter au texte du gouvernement ?

Ce texte est déjà très riche en termes de pouvoir d’achat ou d’aides aux familles. Près de 400 amendements ont été déposés. Nous allons avoir des débats intéressants sur l’article 35, qui fixe le cadre d’expérimentations pour l’innovation dans le système de santé. Il propose une vraie révolution en changeant le mode de rémunération des professionnels pour mieux prendre en charge les maladies chroniques.

Les discussions tourneront aussi autour de la Contribution sociale généralisée (CSG). Certains veulent discuter de niches fiscales sur la CSG. Je n’y suis pas favorable. Je suis attaché au texte du gouvernement qui est équilibré, et qui offrira des gains de pouvoir d’achat aux Français.

« Les Français ont besoin de voir pour croire »

Les retraités n’ont pas l’impression qu’ils vont gagner du pouvoir d’achat…

Nous sommes des Saint-Thomas de la fiscalité. Les Français ont besoin de voir pour croire. Je leur donne rendez-vous en janvier pour faire le point sur ce qu’aura changé ce budget dans leur vie quotidienne. Dans les faits, seuls 20 % de retraités n’auront pas de gain de pouvoir d’achat. Il y a les discours, et les faits. Et les chiffres sont têtus.

Des députés vont-ils modifier les critères d’attribution des places en crèche ?

Un rapport sera demandé pour y voir plus clair, et mettre davantage de transparence dans les critères d’attribution. En fonction de cet état des lieux des mesures seront prises si nécessaire.

La fin de l’universalité des allocations familiales ce n’est pas pour cette année ?

Une mission d’information va consulter les associations. Nous lançons une réflexion sur l’ensemble de notre politique familiale. Le débat est ouvert, mais il n’y aura pas d’amendements dans le cadre du PLFSS 2018.

Pourquoi la promesse du candidat Macron de prendre en charge à 100 % de l’optique, du dentaire et de l’audition n’est pas dans le budget de la sécu ?

Nous avons pris l’engagement d’y parvenir d’ici la fin du quinquennat. Il s’agit d’un travail à mener en priorité avec les complémentaires santé pour améliorer la transparence et la lisibilité de leurs contrats. S’il faut que l’Assurance maladie y participe, elle le fera. Mais avant, il faut des discussions entre les complémentaires, la sécurité sociale et les professionnels. C’est un sujet complexe. Il faut prendre le temps.

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