Médias

La République en marche mise sur les élections régionales en vue de 2022 – Le Figaro

2 Jan , 2020  

Ce sera la toute dernière haie du quinquennat. Celle qu’il ne faut surtout pas échouer à franchir, au risque d’aborder la présidentielle en position de faiblesse. Prévues pour 2021 – probablement en mars, en même temps que les départementales -, les élections régionales concentrent toutes les attentions de la macronie, jusqu’à l’Élysée. «Le président regarde de très près», fait savoir un protagoniste. Les marcheurs rêvent d’intégrer des exécutifs régionaux et misent sur plusieurs facteurs qui, selon eux, leur sont favorables, à commencer par le mode de scrutin proportionnel. «C’est une élection simple dans son appréhension, nationale dans sa gestion et ses ressorts. Il faudra remporter des victoires et garantir l’équilibre droite-gauche dans les territoires», explique le député Pierre Person, délégué général adjoint de LREM, qui pilote la préparation des élections. «On aura un coup à jouer, confirme Olivier Véran, député La République en marche de l’Isère et conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, fief de Laurent Wauquiez. Le président de région gère les transports, les lycées, la recherche, la formation… C’est le mandat macroniste par excellence!» Des compétences importantes et renforcées depuis l’entrée en vigueur de la réforme territoriale de 2015 (loi NOTRe), et le passage de 22 à 13 régions. «Tout le monde est concentré sur les municipales, mais, pour moi, les régionales sont les élections les plus importantes, souligne Guillaume Gouffier-Cha, député LREM du Val-de-Marne. Ce sont des mini-États, le meilleur échelon pour répondre aux grands enjeux de transition. Le levier d’action est réel.»

Or, à ce jour, le parti présidentiel ne compte qu’une centaine de conseillers régionaux – sur un total d’environ 1700 élus – et seulement trois groupes politiques autonomes, en Auvergne-Rhône-Alpes, Corse et Pays de la Loire. Depuis l’automne, un binôme de députés macronistes, Olga Givernet (Ain) et Florent Boudié (Gironde), est chargé par le parti de consulter l’ensemble des parlementaires LREM, région par région. «Notre mission est d’évaluer nos forces et nos possibilités de partenariats, expose Olga Givernet, par ailleurs conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes. Le but est de faire prendre conscience aux parlementaires de cet échelon territorial afin qu’ils s’impliquent pleinement.»

L’île-de-France, c’est la région qui correspond le plus à la sociologie électorale d’Emmanuel Macron. Il faudra un candidat de qualité.

Un proche du premier ministre

La dernière réunion a eu lieu le 10 décembre, en présence des élus d’Île-de-France. La région gouvernée par Valérie Pécresse (ex-LR) est au cœur des tractations. L’objectif est clair: déloger celle qui envisage de se présenter face à Emmanuel Macron en 2022. «Cela peut être l’occasion d’une mise à mort d’une candidate à la présidentielle, affirme un ministre francilien. Il y a deux options pour la “tuer”: présenter une liste contre elle, ou bien la neutraliser en la contraignant à un accord avec nous.» Plusieurs membres du gouvernement se positionnent déjà pour mener la bataille face à l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy. La secrétaire d’État Emmanuelle Wargon (Transition écologique et solidaire) admet en privé qu’elle aimerait «se frotter au suffrage universel» et que l’élection régionale est un «beau combat». Les noms d’Élisabeth Borne, de Franck Riester, d’Amélie de Montchalin et de Gabriel Attal sont aussi souvent évoqués, comme celui du député du Val-de-Marne, Laurent Saint-Martin. «Ça va être la bagarre!», s’amuse un parlementaire. «C’est la région qui correspond le plus à la sociologie électorale d’Emmanuel Macron. Il faudra un candidat de qualité», affirme un proche du premier ministre. En attendant, «il s’agit d’établir un diagnostic, pour bâtir un programme, puis décider qui sera le mieux placé pour le porter», temporise le député Guillaume Gouffier-Cha, qui plaide pour organiser une «grande marche», sur le modèle des précédentes campagnes, pour aller recueillir les priorités des habitants.

Le risque RN

Dans les Hauts-de-France, s’opposer à Xavier Bertrand (ex-LR) n’est pas aussi simple. «Là où le risque du RN est important, nous devrons le prendre en compte», souligne Olga Givernet. C’est le cas également en Provence-Alpes-Côtes d’Azur, où le nom du secrétaire d’État Laurent Nuñez revient avec insistance comme un potentiel candidat. Mais aussi dans le Grand Est, une «région cible», depuis que le président, Jean Rottner (LR), d’abord considéré comme «Macron-compatible» est passé dans le camp des opposants. Face à Laurent Wauquiez (LR), en Auvergne-Rhône-Alpes, les députés Olivier Véran et Olga Givernet observent attentivement, quand d’autres citent le secrétaire d’État de Bercy Olivier Dussopt. Les ministres Marc Fesneau et Nicole Belloubet pourraient se présenter respectivement en Centre-Val de Loire et en Occitanie, alors que Geneviève Darrieussecq vise la Nouvelle-Aquitaine.

Dans cette immense région du Sud-Ouest, les parlementaires LREM se réunissent tous les deux mois pour s’organiser. Le secrétaire d’État Jean-Baptiste Djebbari s’y intéresse, comme Florent Boudié, alors que d’autres plaident plutôt pour une alliance avec le président sortant, Alain Rousset (PS). «Il devra clarifier son positionnement, pointe la secrétaire d’État Christelle Dubos, élue de Gironde. Il est un peu caméléon.» En Normandie, l’ex-ministre Stéphane Travert «regarde»pour éventuellement se présenter face à Hervé Morin (Les Centristes). En Bretagne, si Richard Ferrand a eu une «interrogation estivale», selon l’un de ses interlocuteurs, le ministre Jean-Yves Le Drian est à la manœuvre. «Nous sommes capables de présenter une liste de rassemblement dans chaque région, à savoir une offre politique, des projets et des personnes pour les porter», résume Olga Givernet. Autrement dit, pas question de présenter des candidats partout. Pas avant de connaître le paysage politique au lendemain des municipales.

 

Lire l’article sur www.lefigaro.fr


Les commentaires sont fermés.