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La santé, c’est la foulée !

29 Jan , 2013  

Dans le cadre de la foulée blanche, à Autrans, j’ai participé à une table ronde sur le thème « sport et santé », à l’invitation du Dr Isabelle Gabelle Flandrin, et aux côtés, notamment, du Dr Christine Janin, première femme à avoir gravit l’Everest, et responsable de l’association « à chacun son Everest », qui vient en aide aux enfants après un cancer. Par la suite, de nombreux intervenants, professionnels de santé ou du sport, ont témoigné de leur expérience.

 

Voici le message que j’ai tenu à porter à cette occasion.

 

« La santé c’est la foulée »

le 25 janvier 2013 à Autrans

 

C’est avec un grand plaisir que j’interviens ici à Autrans à l’occasion de cette table ronde organisée par de nombreux partenaires dans le cadre de ce grand évènement sportif qu’est la Foulée Blanche.

D’abord un constat :

40% des Français n’attei­gnent pas les recom­man­da­tions d’acti­vité phy­si­que pour obte­nir un effet béné­fi­que sur leur santé. 1 Français sur 2 ne sait pas que l’acti­vité phy­si­que peut aider à pré­ve­nir de nom­breu­ses mala­dies.

La pro­mo­tion de l’exer­cice phy­si­que sous tou­tes ses for­mes est donc une prio­rité de santé publi­que.

Les effets bénéfiques des activités physiques et sportives ne sont plus à démontrer. Le rapport de l’Institut National du Cancer en janvier 2012 montre un impact fort sur la diminution du risque (-20%) et des récidives (- 30 %) de cancers du sein ou de cancers du colon quand il y a une activité physique et sportive régulière.

En France, la sédentarité est la deuxième cause de mortalité.

Une cause évitable puisqu’une activité régulière équivalente à 30 minutes, cinq fois par semaine, diminue les risques des pathologies à hauteur de 50%.

Il faut donc résolument développer la pratique sportive comme facteur d’épanouissement à tous les âges, pour tous les publics et tout au long de la vie.

Une politique de santé ne se résume pas à une politique de soins, vous le savez bien. C’est également une politique de prévention des maladies, de lutte contre les facteurs environnementaux, une politique qui mise sur le bien être social et physique du plus grand nombre, une politique qui cherche à prévenir les récidives.

Le sport plutôt qu’une longue liste de médicaments, le sport qui permet de diminuer l’hypertension ou l’insuline de nos diabétiques, c’est une idée qui doit faire son chemin. Le sport joue un rôle thérapeutique. Cela doit être dit et redit sans cesse par les médecins, ainsi que par les professionnels de la santé.

Il existe une autre vision possible de la santé publique, une vision qui ne soit pas centrée uniquement sur les interdits (mal-manger, addiction, alcool).

Le sport est un vecteur de prévention primaire. Il faut développer et diversifier l’offre des clubs et des associations sportives et de loisirs sur tous les territoires pour qu’elle s’adresse à tous les publics, y compris ceux qui sont le plus éloignés de la pratique sportive.

Les personnes en situation de handicap : la France avec 1.2 % de personnes en situations de handicap qui ont accès au sport est en queue de peloton des pays d’Europe, loin des espoirs portés lors des Jeux paralympiques de Londres.

La population féminine : 37% des lycéennes de milieux défavorisés disent ne pratiquer aucun sport en dehors du lycée. Elles ne sont que 15 % dans les classes favorisées. Et le fossé se creuse constamment. Ces inégalités sont inacceptables.

A ce titre, il y a deux fois moins de licenciés dans les quartiers populaires que dans le reste de la population.

Le sport ne peut pas, ne doit en aucun cas être un luxe, un domaine réservé à certains, c’est une nécessité.

Parce qu’il est un facteur de bien-être simple et accessible, le sport doit être à la portée de tous.

Les personnes « à besoins particuliers » méritent également une attention : les séniors en perte d’autonomie ou aux personnes atteintes de pathologies chroniques. Tous ceux pour lesquels l’activité physique encadrée est particulièrement recommandée.

La mise en réseaux des acteurs

Les réseaux régionaux qui se sont mis en place sur certains territoires sont remarquables et les expériences réussies s’appuient toujours sur un lien fort entre une Agence Régionale de Santé (ARS)  et une Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) en relation étroite avec les collectivités locales. Ce lien permet de rapprocher les professionnels de santé et les professionnels de l’activité physique et favorise ainsi une prise en charge adaptée des publics.

En Bretagne, par exemple un projet consistait à généraliser la pratique d’une activité physique et sportive pour les publics des EHPAD. Ce projet a également permis de créer 40 emplois en deux ans pour des éducateurs sportifs.

C’est dès le plus jeune âge que l’on doit donner le goût et l’habitude de la pratique sportive. Un rapport récent de l’Institut national de la Jeunesse et de l’éducation populaire (l’INJEP) mettait tout particulièrement en évidence la relation entre précarité, conduites addictives et obésité.

En France, 18% des 5-12 ans, sont en surpoids contre 3% en 1965. L’excès de poids dans l’enfance augmente le risque d’obésité à l’âge adulte. Ce risque d’obésité est inversement proportionnel au niveau d’instruction, nous indique le rapport de l’INJEP. A la date de l’enquête, les auteurs dénombrent en classe de troisième (14-15 ans) 12 % d’élèves en surpoids. Ce chiffre descend à 8% quand le père est cadre supérieur et passe presque au double chez les enfants d’ouvriers.

Le constat est sévère et les enjeux sont de tailles. Mais de nombreuses pistes sont encore à  explorer, une meilleure coordination des moyens permettra, dans cette période budgétaire difficile, à des projets innovants d’essaimer.

Car la crise ne rend pas le sport moins nécessaire. Elle le rend encore plus indispensable. Il faut faire du sport un outil majeur de santé publique dans notre pays. Le sport n’est pas le remède à tous les maux de la société, mais il en est un, et financièrement peu couteux. Cette table ronde permettra d’en prendre la mesure.

Merci de votre écoute.

 

 

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