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Portrait. Olivier Véran, grand ordonnateur du social à l’Assemblée nationale

15 Oct , 2019  

PORTRAIT – Le député LREM de l’Isère y défendra le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour la troisième fois.

Olivier Véran, député LREM de l’Isère.

Olivier Véran, député LREM de l’Isère. Christophe Morin/IP3 PRESS/MAXPPP. Par Marie-Cécile Renault

Il est né sous le signe du Taureau… la marque d’un caractère bien trempé, qui creuse son sillon en macronie. Olivier Véran, 39 ans, ex-député PS de l’Isère (2012-2015) élu en 2017 sous l’étiquette LREM, s’apprête à défendre pour la troisième fois le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, dont il est rapporteur à l’Assemblée nationale. Un texte phare qui, entre les retraites et la santé, représente plus de 500 milliards d’euros de dépenses sociales… soit peu ou prou la moitié des dépenses publiques!

Neurologue au CHU de Grenoble – où il conserve une consultation – et ancien porte-parole du syndicat des internes, il a inspiré durant la campagne le programme santé du candidat Macron. Et figurait, à ce titre, parmi les pressentis au poste de ministre. Mais c’est Agnès Buzyn qui s’est imposée… et «tient depuis la place avec brio», reconnaît-il.

Qu’à cela ne tienne, l’énergique père de deux enfants s’est imposé au Palais Bourbon. Bon technicien, réfléchissant bien, travaillant vite, il a su se rendre incontournable à la commission des affaires sociales. «Il travaille beaucoup, connaît parfaitement le sujet et défend la Sécurité sociale, observe Stéphanie Rist, députée LREM du Loiret. Au sein du groupe, tout se passe bien: il partage les informations.»

Une liberté de ton et de pensée qui peut déranger

Dans une assemblée de députés macronistes néophytes, son profil politique et plus aguerri tranche. En audition publique, il n’hésite pas à exprimer ses divergences. «Dans une majorité alignée sur la politique du gouvernement, il a le courage de protester contre la non-compensation. Il fait preuve d’objectivité sur ce point et adopte une position courageuse»,reconnaît ainsi Gilles Lurton, député LR d’Ille-et-Vilaine. Depuis des mois, Olivier Véran plaide en effet pour que l’État compense les allègements de cotisations imposés à la Sécu, espérant dégager des excédents pour financer par exemple des mesures pour le grand âge.

“Quand il a une idée, il tape à toutes les portes pour essayer de l’imposer” – Un membre de la majorité

«En audition, il tient un discours qui ne me déplaît pas quand il défend un certain nombre de choses pour l’hôpital public», avoue Caroline Fiat, député LFI de Meurthe-et-Moselle, même si elle n’oublie pas qu’il l’a traitée un jour de «menteuse» dans l’hémicycle. Mais sa liberté de ton et de pensée peut aussi déplaire. «Quand il a une idée, il tape à toutes les portes pour essayer de l’imposer. Il est pugnace mais a un côté tête brûlée et se place dans le rapport de force politique», confie un membre de la majorité. Et de citer la suppression du numerus clausus que l’élu réclamait un an avant que l’exécutif ne soit prêt. Ou son engagement pour mettre les allocations familiales sous condition de ressources, ce que le gouvernement a écarté.

«Je ne suis pas dans une dynamique de fronde, je suis loyal à ma majorité, se défend l’impétrant. Mais cela ne m’empêche pas de travailler d’arrache-pied en coulisse pour obtenir des arbitrages qui me tiennent à cœur.» Mobilisé contre les troubles nutritionnels, il a imposé la taxe soda et rendu obligatoire l’affichage du Nutriscore dans l’agroalimentaire. L’an dernier, visionnaire, il a défendu un nouveau mode de tarification pour éviter la saturation des urgences. Cette année, il se battra, entre autres, pour lancer une expérimentation sur le cannabis thérapeutique…

 

Disponible sur le site du Figaro en cliquant ici

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