Assemblée ancien ?, Un peu de politique

Projet de loi santé : mon interview dans le mensuel “Le Concours médical”

23 Fév , 2015  

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page 2Le Concours médical, février 2015

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1 réponse

  1. TAUPENOT dit :

    Mon cher confrère, tout à fait d’accord, mon temps médical m’est précieux et je ne veux pas le disperser en démarches administratives, mais je n’ai vu nulle part dans le projet de loi de santé une simplification et un allègement des charges administratives pour les médecins, bien au contraire puisque en autres l’on me propose de faire moins de soins ( préventifs ou curatifs ) par le biais des transferts de compétences que vous proposez ( vous les rapporteurs ) donc de perdre du temps médical : quel paradoxe entre ce que vous annoncez dans un journal et ce que vous écrivez dans la loi, je ne comprends pas votre cheminement intellectuel… Si je fais moins de médecine, forcément que je passerai plus de temps ( en % ) à faire de l’administratif, ce qui n’est pas mon cœur de métier et ce n’est pas ce pourquoi j’ai choisi de faire de la médecine sur le terrain ( sinon il y a longtemps que je travaillerai dans une administration quelconque à produire des rapports d’évaluation quelconques sur tel ou tel programme de dépistage organisé par l’ARS locale… ). Ceci n’est qu’un petit ressenti négatif du projet de loi de santé tel qu’il est actuellement et ce ne sont pas les amendements qui parlent à nouveau d’une installation en secteur libéral fléchée par les ARS qui me feront changer d’avis, tout au contraire ; notez toutefois que je suis conscient qu’il faut réformer le système de santé mais pas avec les solutions que vous proposez : pourquoi ne tient donc jamais compte des avis de la base ? Organiser des grandes messes sur le terrain avec les acteurs locaux ne suffit pas ( comme ce fut le cas lorsque les 12 mesures du pacte territoire-santé de Me la ministre furent annoncées fin 2013 ) car seuls les salariés des secteurs sanitaire et médico-social pouvaient s’y rendre facilement : difficile lorsque l’on a une activité soutenue de se libérer pour donner son avis et cela a forcément provoqué un sentiment de frustration chez les libéraux inquiets de leur avenir. Et je suis prêt a en débattre avec vous Mr le député et cher confrère car il y a plein de points négatifs qui me mettent le doute sur la suite à donner de ma carrière sur le terrain : ne craignez vous pas qu’un nombre non négligeable de médecins surtout en fin de carrière stoppent leur exercice prématurément ? Pour ne pas avoir à subir un DPC sanctionnant, une perte de certains gestes de soins de base, un DMP usine à gaz qui depuis 10 ans n’a encore rien produit ( je n’ai pas pour vocation de passer mon temps à l’alimenter ) etc, etc… Sans parler d’une autre loi qui m’oblige désormais à mettre aux normes mon cabinet ( les ERP dans le jargon administratif ) pour pouvoir accueillir tout type de handicap, sans aucune mesure d’accompagnement fiscal ou financier et sans tenir compte du coût engendré pour un rapport bénéfices/inconvénients sans commune mesure avec l’ “ASMR” faible en direction des personnes en situation de handicap ( dans la plupart des cas il sera beaucoup plus facile pour moi et pour les personnes concernées de continuer à les voir à leur domicile ). Je vous remercie par avance de toute l’attention que vous porterez à ce long commentaire.

    Confraternellement,
    Dr David TAUPENOT, MG libéral en MSP semi-rurale

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