Assemblée ancien ?, Un peu de politique

Projet de loi santé : question orale à la Ministre de la Santé

1 Avr , 2015  

Ce mercredi 1 avril 2015, lors de la séance de questions au Gouvernement, j’ai interpellé Marisol TOURAINE, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, sur les mesures de préventions figurant dans le projet de loi Santé.

Vous trouverez ci-dessous, la vidéo de mon intervention et l’intégralité de ma question écrite.

Ma question s’adresse à Madame la Ministre des affaires sociales et de la santé.

Toutes les grandes lois de santé publique sont prises entre deux feux : l’impératif d’améliorer la santé de notre population et les impacts que nos décisions peuvent avoir, sur les libertés individuelles et collectives, mais aussi sur l’industrie.

Dans un pays, la France, qui voit chaque année près de 90 000 personnes mourir prématurément du tabac, avons-nous le droit de ne pas faire le maximum ? En regard de ce décompte macabre, un chiffre d’affaires pour les 4 grands cigarettiers de 326 milliards, et des bénéfices en hausse de 14%.
Comme vous, je ne suis pas favorable à une société de contraintes. Mais lorsque les vies de personnes fragiles sont en jeu, il faut poser des limites. Alors oui, le paquet neutre est une innovation nécessaire.
Dans un pays, la France, qui voit chaque année 50 000 personnes mourir d’avoir bu trop d’alcool, trop longtemps, est-il devenu impossible, des années après l’adoption de la loi Evin, de ne serait-ce qu’esquisser un renforcement des politiques publiques de prévention ?
Et que dire de la drogue… Tandis que la mobilisation des acteurs associatifs et sanitaires a permis, en 30 ans, de réduire considérablement les morts par overdose, la propagation du VIH ou des hépatites chez les usagers de drogue, est-il impensable d’espérer un débat serein à l’heure de renforcer notre arsenal sanitaire en direction des publics les plus marginalisés ?

Nous subissons depuis des mois un intense lobbying des uns et des autres visant à amoindrir la portée des politiques publiques de prévention que le gouvernement a souhaité mettre en place. Cela ne pose t-il pas un problème démocratique ?

Madame la Ministre, pouvez-vous confirmer la feuille de route du gouvernement pour tendre vers de légitimes objectifs de santé publique ?

Puisqu’il me reste une poignée de secondes, et si vous m’y autorisez, Monsieur le Président.
J’aimerais vous dire, mes chers collègues, la fierté et le plaisir que j’ai eu de pouvoir travailler à vos côtés. Qu’il vous soit donné, sur les bancs de la majorité comme de l’opposition, de montrer aux Français que leur message de défiance vis-à-vis de l’action publique, de méfiance vis-à-vis de l’action politique, renouvelé à chaque échéance électorale à travers l’abstention et pour part du vote extrême, a été entendu. Dans cette assemblée, les chemins peuvent être différents mais l’objectif doit être le même : servir l’intérêt général.

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