Médias

Prolifération du moustique-tigre : il va falloir vivre avec – Le Parisien

4 Juil , 2019  

Article du Parisien -Par Émilie Torgemen (Lire sur le site du Parisien)
Le 3 juillet 2019 à 20h06, modifié le 4 juillet 2019 à 07h13

Quand, la semaine dernière, Charles a découvert – et trucidé — un moustique-tigre sur sa terrasse du XVIIe arrondissement de Paris, il a cru qu’il rêvait. Mais vérification faite, c’est bien un Aedes albopictus qui avait élu domicile chez lui. Malingre, pas très bon voltigeur, la bestiole ne semblait pourtant pas bien équipée pour conquérir l’Europe.

« Parti du Japon, il a étendu son emprise à l’essentiel des zones tempérées en quinze ans, là où son cousin Aedes aegypti a mis quatre cents ans en partant de la vallée du Nil pour investir toute la ceinture tropicale », commente Anna-Bella Failloux, la spécialiste du sujet à l’institut Pasteur à Paris. L’espèce a désormais « colonisé » plus de la moitié des départements métropolitains.

Prolifération du moustique-tigre : il va falloir vivre avec

Avec la chaleur, pas de doute, la saison des petites bêtes qui nous veulent du mal commence. Dans les Vosges, les chenilles processionnaires, très urticantes, pullulent. Les moustiques-tigres noirs rayés de blanc, qui ont l’effrayante capacité de transmettre à l’homme des maladies tropicales, prennent leur envol après une phase de sommeil sous forme d’œufs et de larve à la saison froide. Les campagnes de démoustication, comme à Bergerac ou Aix-en-Provence en début de semaine, battent leur plein.

Impossible de s’en débarrasser

Si, chaque année, des métropolitains rentrent contaminés après leurs vacances à la Réunion ou au Brésil par exemple, depuis 2010, la métropole fait également face à des cas autochtones : une cinquantaine de personnes ont développé la dengue ou le chikungunya sans avoir quitté leur salon, dévorées par des Aedes albopictus nés en France. Et ces situations seront de plus en plus nombreuses, particulièrement dans le Sud où ces insectes sévissent les plus. Heureusement, le risque d’épidémies de grande ampleur de dengue ou de chikungunya semble écarté.

Prolifération du moustique-tigre : il va falloir vivre avec

« En raison du réchauffement climatique, les Albopictus vont pouvoir s’étendre jusqu’à Copenhague », assure Rémi Foussadier, directeur de l’entente interdépartementale de démoustication (EID) Rhône Alpes. Cette offensive est aussi le fruit de la mondialisation accélérée. Il y a d’ailleurs eu une première incursion de cette petite bête en Europe, via l’Albanie en 1979 mais ce pays, à l’époque communiste, n’avait pas de commerce international. « Le rideau de fer avait donc bloqué l’expansion », s’amuse Anna-Bella Failloux.

Devenus des «moustiques des villes»

Pourra-t-on se débarrasser de cette bestiole ? Probablement pas. Sur l’île de la Réunion, où il y a un grand foyer, on teste en ce moment même un lâcher de mâles stériles pour enrayer la population. Cette solution, intéressante sur une île, n’a pas de sens sur le continent. « Pas d’alternative, il va falloir apprendre à vivre avec », résume Victor Robert qui gère le site vigilance moustique. Les spécialistes s’accordent pour prédire une colonisation totale de l’Hexagone aux environs de 2030.

« C’est de notre faute ! pointe Victor Robert. Parce qu’on laisse stagner de l’eau dans des coupelles sous nos plantes ou dans nos gouttières bouchées où les larves peuvent grandir. » Devenus des « moustiques des villes », ces insectes trouvent aussi du sang en grande quantité (nous !). Mieux, ces piètres voyageurs, incapables de voler plus de 150 m au cours de toute leur vie, se déplacent désormais tranquillement en auto ou en métro.

, , , , , , , , , , , , ,



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *